Tout ce que vous devez savoir sur le stress et votre chat

Hypersensibles, hyper-réactifs, nos adorables moustachus semblent avoir toujours les nerfs à fleur de peau et bondir au moindre souffle.

 

  • Jusqu’où est-ce une réaction normale ?
  • À partir de quand est-ce une réaction excessive ?
  • Comment s’exprime le stress chez un chat ?
  • Qu’est-ce que le stress chronique ?
  • Le stress chronique est-il dangereux pour votre chat ?

 

Dans cet article, vous apprendrez tout ce que vous devez savoir sur le stress et votre chat.

 

Les chats expriment leurs émotions de façon beaucoup plus discrète que les êtres humains ou même que d’autres animaux de compagnie. Un chat exposé à trop de stress peut développer des maladies graves et adopter des comportements très désagréables.

 

Pour éviter que la vie avec votre chat ne devienne un enfer, il est indispensable que vous sachiez reconnaître le plus tôt possible les indices parfois très subtils du stress chez votre chat.

 

Qu’entend-on par « stress » ?

 

Quand on parle de stress, on parle d’une réaction naturelle de l’organisme face à un choc, une agression ou une contrainte.

 

Tout d’abord il y a un « stresseur » : un choc, une agression, une contrainte. On peut répartir les stresseurs en différentes catégories. Il y a des stresseurs physiques. Ils provoquent une tension ou exercent une contrainte sur le corps physique du chat :

 

  • Une exposition à des températures très froides ou très chaudes,
  • Une blessure ou une douleur physique,
  • Une maladie chronique,
  • La faim et la soif,
  • Les bruits forts et les odeurs fortes,
  • Etc.

 

Il y a des stresseurs psychiques et émotionnels. Ces stresseurs sont tous les événements, les situations ou les comportements que le chat perçoit comme étant effrayants ou dangereux :

 

  • L’arrivée dans un lieu inconnu,
  • une rencontre avec un inconnu,
  • des odeurs et des bruits inconnus,
  • un événement soudain, imprévisible,
  • un traumatisme,
  • le harcèlement exercé par un être humain,
  • L’impossibilité de fuir ou de se cacher,
  • etc.

 

La plupart de ces stresseurs sont valables pour tous les chats, mais certains stresseurs provoquent des réactions différentes selon les chats, en fonction de leur histoire et de leur tempérament.

 

Le pic de stress

 

 

Face au stresseur, l’organisme du chat s’adapte immédiatement en mobilisant toute son énergie pour pouvoir soit fuir, soit attaquer. C’est ce qu’on appelle un « pic de stress ». En seulement quelques fractions de seconde :

 

  • La production d’adrénaline monte en flèche,
  • Le rythme cardiaque s’accélère,
  • La respiration devient plus rapide et profonde pour faire entrer plus d’oxygène dans le sang,
  • Les pupilles se dilates et tous les sens sont en alerte,
  • Les poils se dressent et les moustaches se plaquent (fuite) ou se hérissent (attaque),
  • La sécrétion d’endorphine se déclenche pour endormir la douleur en cas de blessure,
  • La digestion s’interrompt car toute l’énergie du corps est mobilisée par la réponse au stress,
  • Les petits vaisseaux sanguins sous la peau se contractent pour réduire les pertes de sang en cas de blessure,

 

Si le chat peut immédiatement se débarrasser du stresseur, son organisme retrouve rapidement son équilibre :

 

Imaginons que le stresseur soit une main humaine qui taquine le chat. Si un seul petit coup de dents suffit à faire partir cette main et que le propriétaire de la main comprend qu’il ne faut jamais recommencer, le chat n’a plus aucune raison de s’énerver. Il retrouve donc très vite son calme.

 

Par contre si le chat ne peut pas fuir ou si la cause du stress persiste plus de 10 minutes environ, la réponse de son organisme se renforce : il entre en « phase de résistance ».

 

La phase de résistance

 

 

Les 1ères ressources mobilisées n’ayant pas permis d’éliminer le « stresseur », l’organisme va prendre sur ses réserves et sécréter de nouvelles hormones pour gagner en endurance :

 

  • La production de dopamine augmente,
  • La production de cortisol augmente,
  • Le cortisol stimule le système immunitaire pour combattre le stresseur en cas de blessure ou d’infection,
  • Le cortisol stimule aussi la mémoire pour résoudre plus rapidement le problème, et augmenter les chances de survie,
  • Le cortisol stimule enfin l’appétit pour compenser l’énorme énergie consommée par la réponse au stress,
  • La production de sérotonine augmente pour contre balancer les effets excitants de la dopamine et rétablir un sentiment de bien-être.

 

Déjà à ce stade, le stress commence à devenir néfaste pour la santé du chat, car toute son énergie est concentrée sur sa réponse au stress, au détriment des autres fonctions de l’organisme telles que la digestion, le repos, l’entretient du système immunitaire, etc.

 

Si malgré tous ses efforts, l’organisme ne parvient toujours pas à retrouver son équilibre, il atteint l’épuisement et le stress devient chronique.

 

Le stress chronique

 

 

Le stress chronique apparaît quand le chat est exposé de façon prolongée et répétée à des situations qui provoquent sans cesse la production des « hormones du stress » : adrénaline, dopamine, cortisol. Sécrétées trop souvent ou en permanence, ces hormones épuisent l’organisme.

 

Quand l’organisme du chat est à bout de ressources, de nombreux troubles apparaissent :

 

  • une atteinte des défenses immunitaires,
  • de la fatigue,
  • des troubles du sommeil,
  • de l’hypervigilance,
  • de l’anxiété,
  • de la colère,
  • de l’agressivité,
  • un état dépressif,
  • des problèmes cardiaques.

 

Toutes les formes de stress sont-elles néfastes ?

 

L’organisme du chat s’est adapté pour faire face à des formes de stress ordinaires pour l’animal à l’état sauvage.

 

Il peut être confronté tous les jours à la faim et à la soif, au froid ou à la chaleur, à la pluie, au vent ou à des orages, à des bruits suspects, à des rencontres indésirables, etc.

 

Ce sont des pics de stress intenses mais brefs.

 

Dans de telles situations, son organisme produit les hormones spécifiques qui lui permettent de réagir de la façon la plus appropriée, le plus souvent en fuyant ou en attaquant.

 

En revanche, l’organisme du chat est beaucoup moins efficace pour gérer le stress chronique. c’est ce type de stress qui joue un rôle important dans le développement des problèmes de comportement du chat, et même de certaines maladies telles que :

 

  • Maladies des reins,
  • Troubles cardiovasculaires,
  • Obésité,
  • Dépression,
  • etc.

 

Certains chats sont-ils plus sensibles au stress que d’autres ?

 

La capacité d’un chat à faire face au stress et à le surmonter varie beaucoup d’un individu à l’autre. Cela dépend de plusieurs facteurs, mais les 3 plus importants sont :

 

  • L’état de sa mère pendant la grossesse,
  • La façon dont les premières semaines de sa vie se sont déroulées,
  • L’environnement dans lequel il a grandi.

 

Facteur #1 : l’état de la mère pendant la grossesse

 

 

Les chatons sont sensibles, dès la vie intra-utérine, aux émotions de leur mère.

 

Pour répondre au stress, l’organisme du chat est doté d’un système physiologique spécifique. Ce système commence à se développer pendant la grossesse, bien avant la naissance du chaton.

 

Si la mère est stressée pendant la grossesse, par exemple, si elle est mal ou pas assez nourrie, ses chatons pourront être plus fragiles que d’autres face au stress. Ils pourront avoir des réactions excessives et développer plus facilement ce que nous appelons des troubles du comportement.

 

Facteur #2 : Les premières semaines de la vie du chaton

 

 

Les premières semaines de la vie du chaton sont également cruciales.

 

En particulier, l’absence de contact avec des êtres humains pendant cette période pourra avoir des conséquences sur la capacité du chat adulte à supporter les manipulations.

 

Les chatons qui sont nés au contact des humains et qui ont été traités avec soin et affection, manipulés régulièrement et avec douceur pendant les premières semaines de leur vie, acceptent d’être touchés, caressés, pris dans les bras, plus facilement et plus longtemps que ceux qui ont grandi loin des humains.

 

Cela ne signifie pas qu’un chat qui n’a pas grandi au contact des humains n’acceptera jamais de caresses. Cela signifie que dans un premier temps, le contact avec la main humain peut très facilement déclencher chez lui un pic de stress, le faire fuir ou provoquer une agression.

 

Facteur #3 : l’environnement dans lequel grandit le chaton

 

 

De la même façon que pour les contacts physiques et les manipulations, si le chaton passe les premières semaines de sa vie à l’extérieur ou dans une pièce isolée et très calme, il pourra ensuite être très facilement stressé par le brouhaha de la vie domestique.

 

Parce qu’il aura grandi dans un environnement trop pauvre en stimuli de toutes sortes, tels que les odeurs, les bruits et les activités ordinaires de la vie domestique, vivre paisiblement dans une maison, au contact des humains pourra être pour lui un véritable challenge.

 

Pourquoi est-il important de savoir si votre chat est stressé ?

 

 

Le stress, et en particulier le stress chronique, joue un rôle très important dans l’apparition des troubles de comportement les plus fréquents chez le chat.

 

Il est donc essentiel que vous sachiez identifier les signes qui indiquent que votre chat est stressé, et que vous sachiez reconnaître un pic de stress et les manifestations du stress chronique.

 

Comment reconnaître un pic de stress intense chez votre chat ?

 

 

Un stress intense peut être dû à un incident imprévu ou à une grosse frayeur. Les signes sont faciles à reconnaître chez le chat. Les signes les plus courants et les plus évidents sont :

 

  • Il se ramasse sur lui-même pour se faire le plus petit possible,
  • Il reste immobile,
  • Il a les pupilles dilatées,
  • Il peut râler, feuler, grogner ou hurler,
  • Il peut uriner et déféquer involontairement,
  • Il peut être pris de tremblements,
  • Il respire très vite,
  • Il attaque si on s’approche de lui.

 

Comment repérer les signes de stress chronique chez votre chat ?

 

 

Les signes de stress chroniques sont plus difficiles à reconnaître. Le stress chronique s’installe progressivement sur une longue période et ses manifestations sont plus subtiles.

 

Par exemple, s’il est anxieux, il va plutôt rester calme en apparence, mais il va aller dans son coin et garder ses distances. Le plus souvent le stress chronique affecte certains comportements et routines du chat :

 

  • Il dort de plus en plus,
  • Il se cache souvent,
  • Il change ses habitudes (par exemple, il perd l’appétit ou devient boulimique),
  • Il marque plus souvent son territoire (en se frottant, en faisant ses griffes ou en urinant),
  • Il a des manies bizarres,
  • Il est facilement irritable et devient agressif.

 

Quels sont les principaux facteurs de stress chez le chat ?

 

Les facteurs de stress sont nombreux pour les chats. Ils peuvent être liés :

 

  • À la nature féline et à ses besoins spécifiques,
  • Aux interactions avec les humains,
  • À l’environnement matériel dans lequel vit le chat.

 

Un stress typiquement félin ?

 

Par exemple, si votre chat doit partager des ressources avec d’autres chats avec lesquels il ne s’entend pas très bien, ça peut devenir pour lui un cauchemar permanent.

 

De même s’il y a vraiment beaucoup de chats dans le voisinage et que votre chat le vit comme un sorte de concurrence pour certaine ressources, il peut s’épuiser à surveiller les allers et venues des uns et des autres.

 

Est-ce que je stresse mon chat ?

 

Dans notre relation avec notre chat, nous pouvons nous aussi, sans le vouloir, jouer un rôle dans l’augmentation de son niveau de stress.

 

Par exemple, nous pouvons être trop « collants » avec notre boule de poils et rechercher plus de contacts physiques qu’il n’en demande.

 

Nous avons aussi parfois des comportements incohérents envers notre chat. Par exemple, le faire gentiment monter sur la table pour le brosser, mais nous mettre en colère s’il saute sur cette même table quand nous sommes en train d’y prendre notre repas. Du coup, le chat ne sait plus comment réagir.

 

Et l’environnement dans tout ça ?

 

L’environnement est souvent la dernière chose à laquelle on s’intéresse quand on pense au bien-être d’un chat, car nous avons tendance à considérer que le plus important est de fournir sécurité et affection à nos animaux de compagnie.

 

Pourtant, le confinement à l’intérieur d’un logement, l’ennui, le manque de cachettes ou de bacs à litière, par exemple, peuvent devenir très stressants pour certains chats.

 

Que pouvez-vous faire pour réduire l’exposition de votre chat au stress ?

 

Prendre soin de votre chat en respectant ses besoins, aussi bien en tant que félin qu’en tant qu’individu, est la meilleure façon de le protéger du stress chronique ou de réduire son niveau de stress.

 

Gardez à l’esprit que le chat peut être stressé par des choses auxquelles nous ne faisons même pas attention tellement elles nous paraissent insignifiantes à nous autres, humains.

 

Les chats sont « programmés » pour se sentir responsables de leur propre survie. Ils sont donc en permanence en train d’évaluer les risques. Placés dans une nouvelle situation, un nouveau lieu ou face à un inconnu, animal ou humain, ils sont attentifs à la moindre menace, au moindre danger.

 

Il n’y a donc rien de plus rassurant pour eux qu’une vie faite de routines. Ils aiment les événements et les rencontres plutôt prévisibles, la répétition d’expériences agréables, connues et sans danger.

 

Vous pouvez épargner beaucoup de stress à votre chat en adoptant vous-même un comportement prévisible et en créant des routines quotidiennes.

 

La promiscuité fait monter la tension

 

Soyez attentif au nombre de chats que vous adoptez ou hébergez, surtout si vous vivez dans un quartier où les chats sont déjà nombreux, car cela peut représenter pour vos chats une pression supplémentaire.

 

Plus les chats sont nombreux chez vous, plus les ressources doivent êtres nombreuses, variées et réparties dans toute la maison. Votre objectif est qu’à chaque instant, chaque chat puisse avoir accès à tout ce dont il a besoin, sans avoir à le partager avec un autre chat.

 

Le chat choisit ses câlins

 

Conserver de bonnes relations avec son chat est toujours un petit challenge. Être sensible à ses besoins affectifs particuliers en tant qu’individu est la clé d’une vie peu stressante pour vous deux.

 

Un chat confiant et sociable recherche plus les contacts avec les humains qu’un chat timide ou qu’un chat qui n’a pas été correctement socialisé quand il était chaton.

 

La manière la plus simple et facile de donner à votre chat la quantité et la qualité d’affection qui correspond vraiment à ses besoins est de lui laisser l’initiative des contacts avec vous.

 

Quand vient l’heure de la promenade

 

 

Si votre chat peut sortir, il est préférable de laisser le chat décider du moment et de la durée de ses sorties, plutôt que de décider à sa place.

 

S’il partage son territoire avec d’autres chats du voisinage, il peut y avoir des périodes très précises de la journée où votre chat se sent assez en sécurité pour faire une promenade, et d’autres moments où le jardin peut lui sembler beaucoup plus dangereux.

 

Les chats ont une façon très complexe de communiquer entre eux. Ils utilisent des marqueurs olfactifs qui leur permettent de savoir à quel moment de la journée tel ou tel individu a l’habitude de passer dans les environs.

 

Parce qu’il a accès à ces informations, le chat est le mieux placé pour décider quel est pour lui le meilleur moment pour sortir prendre l’air.

 

Home, sweet home

 

 

Si votre chat reste en permanence à l’intérieur, l’environnement doit lui permettre de se divertir et de faire de l’exercice, lui éviter le plus possible ennui et frustrations. Il doit aussi lui permettre de faire de longues siestes au calme.

 

Pour conserver une bonne santé physique et émotionnelle, un chat doit pouvoir se comporter comme un chat :

 

  • Aménager pour votre chat un environnement qui imite un habitat naturel, par exemple, avec des objets sur lesquels il peut grimper, est essentiel.

 

  • Lui aménager un coin tranquille, loin des passages et du bruit, où personne ne vient le déranger pendant sa longue sieste de l’après-midi, est tout aussi essentiel.

 

Ce serait irréaliste d’espérer éliminer de la vie de votre chat toutes les sources de stress possibles et imaginables.

 

Par contre, comprendre quelles sont les sources de stress et savoir comment les maintenir au niveau le plus faible possible sont les deux clés pour protéger votre chat du stress chronique et vous protéger de ses manifestations.

 

J’espère que cet article vous a apporté des réponses sur les liens possibles entre le stress et le comportement de votre chat…

 

Si malgré tout, le comportement de votre chat vous paraît problématique, et en particulier si vous le trouvez :

  • trop distant,
  • asocial,
  • trop craintif,
  • toujours sur le qui-vive,
  • hyper-stressé…

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